Où en est la franchise La Pataterie ?

Où en est la franchise La Pataterie ?

Réseau souvent vanté pour son son succès et son développement fulgurant, la Pataterie a connu depuis deux ans des échecs qui ont décidé ses dirigeants à penser une nouvelle stratégie commerciale. Celle-ci, bien que satisfaisante économiquement pour les points de vente « test », n’a pas empêché la direction de décider céder l’entreprise. Le 21 novembre dernier, le tribunal de commerce de Limoges décida de retenir l’offre de reprise d’un duo composé de Verdoso-Smartholding. Hello Franchise revient sur l’actualité récente de ce réseau, souvent présenté comme l’un des beaux succès de la franchise française des années 2000.

Deux fonds d’investissement pour relancer La Pataterie

La décision a donc été prise il y a un mois : La Pataterie, fondée en 1996 par Jean-Christophe Pailleux (propriétaire à 80% de l’entreprise) est désormais la propriété de Verdoso, un fond d’investissement spécialisé dans le « retournement » (gestion, restructuration, refinancement) d’entreprise et un autre baptisé Smartholding. Un choix salué par le directeur général de La Pataterie, Alexandre Maizoué.
Deux autres investisseurs avaient déposé une offre, suite à la décision surprise de cession du groupe décidé mi-octobre, et plus précisément selon le dispositif de « prepack cession », permettant de vendre une entreprise en difficulté mais avant sa liquidation judiciaire. Une possibilité offerte par une loi de 2014.

Un développement en franchise mal maîtrisé

Comment en est-on arrivé là ? Selon la direction, la période de crise et d’angoisse (crainte des attentats, stagnation du pouvoir d’achat des ménages) et la concurrence croissante du secteur de la restauration assise expliquent les échecs, à partir de l’année 2014, de l’entreprise. Mais les spécialistes du secteur arguent, eux, que La Pataterie a connu un développement en franchise mal pensé, mal maîtrisé voire débridé. En effet, ce réseau, qui a pour concept de proposer des menus dont la pomme de terre est l’ingrédient central, est passé de 32 points de vente à 2008 à près de 200 en 2014. Un développement tout azimut qui a conduit à nombreux échecs puisqu’à partir de cette date, le nombre de restaurants ne fera que décroître.
Une situation que la direction prend à bras le corps en 2015 en décidant d’une nouvelle stratégie pour relancer la franchise : ainsi la rénovation de restaurants « test » est-il décidé. De même un nouveau code graphique voit-il le jour. Les idées principales ? Créer des espaces plus confidentiels pour les familles, des aires de jeux (avec tablettes numériques) à disposition des plus jeunes et une décoration moins agressive. Enfin, dernière innovation majeure, concernant la carte : c’en est fini du tout « pomme de terre » puisque des plats sans cet ingrédient, qui a donné son nom à l’entreprise, sont dorénavant proposés. Résultat de ce nouvelle stratégie ? Excellent puisque le chiffre d’affaires des restaurants test augmente de 10 à 15%. Insuffisant toutefois pour ne pas empêcher la direction de mettre en vente le réseau.
Une franchise qui a connu un développement et un succès impressionnant, initié dans dans la région limougeaude, nordiste (région d’origine de Jean-Christophe Pailleux) et en Dordogne. La Pataterie ? Un restaurant qui fleure bon le terroir et met à l’honneur la patate cuite qui va connaître un succès impressionnant à la fin des années 2000 et dont une nouvelle page de l’histoire à donc commencer il y a un mois avec une nouvelle direction.

Conclusion
Depuis son rachat le 21 novembre, les nouveaux propriétaires ont annoncé une enveloppe de 3.5 millions d’euros consacrée à la modernisation de la communication du réseau. Le plan de modernisation sera-t-il poursuivi ? Les prochains mois seront cruciaux pour relancer l’une des plus belles success story de la franchise française des années 2000.